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Lil’ Fame & Termanology – Hustler’s Ringtone [2012]


Lil’ Fame & Termanology – Hustler’s Ringtone (ft. Bun B) [2012]…Lil’ Fame, éminent représentant de Brooklyn, NYC, s’échappe, le temps d’un album, de son groupe MOP et élargit son horizon musical…il se retrouve ainsi à partager le micro avec Termanology, MC au flow plus posé que son habituel compère Billy Danze (que l’on retrouve quand même sur un morceau) et ici avec le gangster texan Bun B (du groupe UGK)…en grande partie produit par ses soins (sous le pseudonyme de Fizzy Womack), l’album « Fizzyology » prend une teinte plus fine et moins braillarde que ses précédents opus en duo, probablement influencé par la présence aux manettes de Statik Selektah, Alchemist ou le partenaire de longue date, DJ Premier…autant de beau monde prouve que l’on a affaire à un old timer toujours à la pointe comme le démontre ce beat heurté aux intonations soul, marque de fabrique d’un certain classicisme hip hop remis au goût du jour…

Lord Lhus – Gravediggin [2015]


Lord Lhus – Gravediggin [2015]…ayant quitté à la fois son groupe Bloodline et sa Caroline du Sud natale, ce MC voyage à travers l’Europe au gré de ses collaborations avec les beatmakers les plus en vue du vieux continent…ainsi après avoir travaillé avec les allemands de Snowgoons et le français Al’ Tarba, Lord Lhus semble avoir choisi les Pays-Bas et les pays de l’Est (et à nouveau la France avec le collectif Le Gouffre) comme terrains d’expression pour son style brutal…le savoir-faire de ces scènes locales en matière d’horrorcore n’est plus à démontrer mais dans cet album (« Lord Hates Pretty ») les arrangements violon/piano souvent bien trop convenus et froids laissent place à des instrumentations plus discrètes…le MC au flow colérique s’y laisse alors aller à des réflexions politiques et des délires sanguinolents (à l’image de cette vidéo pleine d’hémoglobine à déconseiller aux âmes sensibles) tout à fait explicites, pour un résultat d’excellente facture…

Illa J – Universe [2015]


Illa J – Universe [2015]…après un premier album très réussi (« Yancey Boys » en 2008) où les prods étaient assurées, à titre posthume, par J-Dilla son regretté frangin, Illa J propose un deuxième album éponyme tout aussi inspiré… le duo venu de Montréal, les Potatohead People (Nick Wisdom & AstroLogical), produit entièrement ce disque relax où l’influence du plus connu de la famille Yancey reste encore très présente…ainsi les accords de piano rythmiques de « Cannonball » ou la basse pneumatique de « All Good pt 2 », « Never Left » et « Perfect Game » n’auraient sûrement pas été boudés par Dilla, notamment dans ses premières prods pour Slum Village…mais une autre influence semble se faire jour dans le travail d’Illa J, celle du toujours excellent Moka Only (Canadien extrêmement prolifique et compagnon de route des Swollen Members)…celui-ci, en featuring sur 4 des 11 titres de l’album, apporte son goût pour les beats aiguisés mais tout en finesse (« Who Got It »), les ambiances évanescentes (« She Burnt My Art ») et les sonorités étranges (« All I Need »)…pourtant, contrairement à son premier opus, Illa J élargit ici son horizon musical en s’éloignant quelque peu du rap le plus pur…en effet, il pose parfois son flow sans heurts sur des beats au feeling très électro 80’s (« Strippers », « French Kiss ») avec des arrangements vintage parfaitement agencés pour ensuite aller lorgner vers le funk le plus dansant (cet entraînant « Universe » aux sonorités très jacksoniennes) voire même du côté de la house music chère à sa patrie de Detroit qu’il amène vers une vibe lounge qui lui sied parfaitement (« Sunflower »)…en résumé Illa J livre un album tout à fait recommandable dans lequel il alterne avec une aisance déconcertante et sans démonstration excessive, scansion rap et ligne de chant soyeuses pour mieux entraîner l’auditeur dans un chaleureux tourbillon d’émotions et de sons hautement addictifs et délicats…une des grosses claques de cette fin d’année!

https://illa-j.bandcamp.com/album/illa-j

L’Or du Commun – Le Chill [2015]


L’Or du Commun – Le Chill [2015]…après un EP (« l’Origine ») encore un peu « juvénile » et bourré de samples déjà bien connus dans l’underground hip hop, ce quatuor bruxellois (Premier d’Classe, Loxley, Swing & Féléflingue) propose un premier album (« l’Odyssée ») où la vibe vintage des 90’s est bien mieux maîtrisée (ici sur un sample relax et funky de Bob James)…dans un boom bap à la fois jazzy et dynamique, les 4 MC’s remettent au goût du jour ces flows sautillants et polymorphes influencés par les premières sorties de La Cliqua ou de Sleo par exemple…avec des textes oscillant entre ego-trip, considérations sociales légères, récits du quotidien et rimes loufoques, le groupe montre que la Belgique n’est pas en reste lorsqu’il s’agit de reprendre les codes de l’âge d’or du rap francophone des 90’s…(merci @k7pacoje pour la découverte)

Black Knights – Hood Liberator [2015]


Black Knights – Hood Liberator [2015]…quel est le point commun entre les Red Hot Chili Peppers,  émérites représentants d’un rock-funk aux arrangements ciselés, et le Wu-Tang Clan, meute de furieux ayant dynamité la communauté hip hop au début des 90’s ? Aucun à première vue, si ce n’est l’adoption progressive d’un son plus « pop » au cours des années.. C’était compter sans l’éclectisme de John Frusciante (ancien guitariste des RHCP et principal compositeur des meilleurs albums du groupe) et son goût de l’expérimentation. Vvéritable rat de studio au cerveau mis en ébullition par des années de consommation de psychotropes en tous genres, il se lance dans la production hip hop en remettant en selle ce groupe californien affilié au Wu-Tang (entendu pour la première fois sur la compilation « Wu-Tang Killa Bees » en 98). Le résultat de cette collaboration improbable est assez surprenant, après un premier album où le guitariste cherche encore sa patte de beatmaker, englué dans une production très lisse, le trio renouvelle l’expérience en 2015 avec ce deuxième opus (« The Almighty »). Frusciante se révèle, en tant qu’infatigable dénicheur de sons, être à la pop psychédélique ce que Madlib est au jazz (toute proportion gardée pour un beatmaker aussi peu expérimenté) et réussit à combiner habilement une certaine naïveté pop désabusée à cette noirceur urbaine purement hip hop (incarnée par les flows incisifs des deux MC’s, Rugged Monk & Crisis) en empilant des détails sonores très lo-fi dans une production fournie mais jamais démonstrative, construite autour de changements de rythmes déroutants et d’une certaine emphase. La présence du RZA en personne sur le disque semble d’ailleurs valider la démarche. Entre producteurs aux idées aussi larges que farfelues, le dialogue ne pouvait qu’être constructif…

Old Timers Rap Videos


OLD TIMERS RAP VIDEOS
Parce qu’il est parfois difficile de trouver les videos officielles de nos groupes favoris (surtout quand ils officient depuis longtemps) dans la jungle des internets, voici une compilation de TOUS les clips (comme on disait jadis), ou presque, réalisés par certains des groupes les plus reconnus de la communauté hip hop…
Et pour démarrer cette nouvelle série de posts, honneur aux aînés dans une sélection où le Def Jam old school, et la côte Est en général, tiennent une part non négligeable…

BlabberMouf – Writerz Block [2015]


BlabberMouf – Writerz Block [2015]…au sein du collectif Da Shogunz, ce néerlandais à l’énergie scénique reconnue pratique un rap nostalgique du boom bap new-yorkais du début des 90’s…une nouvelle fois entouré des beatmakers Propo88 et Kickback (qui produit ce titre) il propose un album aux saveurs old school bien éloignées des canons du hip hop moderne mais qui raviront les « puristes » les plus exigeants (et qui leur rappellera le old timer ADOR, anciennement produit par Pete Rock)…cependant le MC a retenu de cette période dorée les rythmiques uptempo et la science du kickage de beat en règle avec ce flow mitraillette caractéristique (et parfois un peu irritant) plutôt que la revendication sociale, la noirceur des histoires de rue ou l’introspection larmoyante…un hip hop qui ne boude pas son plaisir en somme…

Vince Staples – Señorita [2015]


Vince Staples – Señorita [2015]…après plusieurs mixtapes remarquées et de nombreuses collaborations avec Mac Miller ou les membres du crew Odd Future, le californien Vince Staples propose un premier album où les influences de ces « mentors » se font clairement sentir. Ainsi, il allie le côté débridé du premier à cette économie de moyens chère aux deuxièmes. Mais sa maitrise d’un flow à la fois lymphatique et sautillant sur des rythmes rigoureux, produits en grande partie par le vétéran No ID, rend l’ensemble très abordable, bien qu’exigeant, entre modernité musicale et repères rapologiques solides…

http://www.vincestaples.com/

RC Gäng – Skalp [2014]


RC Gäng – Skalp [2014]…ce duo de MC’s originaires d’Autriche propose un premier album (en free DL) construit sur des sons de batteries assez secs parfois habillées d’atours jazzy plutôt classiques (comme dans ce titre typique du boom bap des 90’s) mais qui se parent d’arrangements plus électroniques et de passages chantonnés avec légereté…les réfractaires aux sons « passéistes » pourront ainsi se satisfaire d’un album cohérent aux références contemporaines mais qui n’oublie pas les basiques rapologiques…

The Goats – Tricks of the Shade [1993]

TRACKLIST : ( produit par Joe « The Butcher » Nicolo & Oatie Kato)

1 – We got freaks (intro)
2 – Typical American
3 – Hangerhead is born (skit)
4 – Watcha got is watcha gettin’
5 – Columbus boat ride (skit)
6 – R U down wit da goats
7 – Cumin’ in your ear
8 – Noriega’s coke stand (skit)
9 – Got kinda hi
10 – Unodostresquattro
11 – Georgie Bush kids (skit)
12 – Wrong pot 2 piss in
13 – Hip-hopola
14 – Leonard Peltier in a cage (skit)
15 – Do the digs dug?
16 – Carnival cops (skit)
17 – TV cops
18 – Tatooed lady (skit)
19 – Tricks of the shade
20 – Not not bad
21 – Rovie Wade, the sword swallower (skit)
22 – Aaah d yaaa
23 – Drive-by bumper cars (skit)
24 – Burn the flag
25 – Uncle Scam’s shooting gallery (skit)

Il fut un temps où le rap intelligent n’était pas ennuyeux à force de didactisme lénifiant. Les groupes politisés du début des 90’s ne se prenaient pas encore pour des prophètes et leur ambition n’était pas de devenir les nouveaux Isaac Hayes, comme dans ce rap qui fleurira à l’orée du 21e siècle. Ils savaient user de légèreté et d’humour afin de mieux faire passer leur message et ne pas lasser un auditoire à la capacité d’attention parfois limitée. The Goats fait partie de cette catégorie aujourd’hui presque disparue mais n’a pas eu la reconnaissance que son premier album aurait méritée. Car, tandis que de nos jours être un rappeur «conscient» se limite souvent à n’être pas aussi matérialiste que le rap mainstream, les Goats ont réalisé avec ce «Tricks of the Shade» un des disques les plus aboutis du hip hop US. Continuer la lecture de The Goats – Tricks of the Shade [1993]