Archives du mot-clé New School Rap

Jam Baxter – Dumb [2017]


Jam  Baxter – Dumb (ft. Lee Scott & Trellion) [2017]…ce titre, extrait du nouvel album de notre MC au flow nasillard et traînant, unit trois des labels les plus féconds de la scène underground hip hop britannique. Jam Baxter représente High Focus Records, tandis que Lee Scott et Trellion font une escapade hors de leurs maisons mères, respectivement  Blah Records et Bad Taste Records, pour un résultat conforme au reste du disque (« Mansion 38 »)…les productions y sont réalisées avec soin par le toujours excellent Chemo qui installe une ambiance poisseuse, enfumée et un rien désenchantée où l’influence du dub le plus cotonneux côtoie les rythmiques saccadées du rap contemporain dans un ensemble entre emphase et dépouillement. Un cocktail fort réjouissant pour les auditeurs avertis…

https://jambaxter.bandcamp.com/album/mansion-38

Duckwrth – Bernal Heights [2016]


Duckwrth – Bernal Heights [2016]…ce morceau, uniquement disponible sur le soundcloud de ce jeune MC californien, est découpé en 3 mouvements comme pour mieux démontrer toute la versatilité de Duckwrth et raconter les pérégrinations d’un jeune noir dans les beaux quartiers de Los Angeles…il utilise tout d’abord un beat rappelant les titres les plus relax de The Pharcyde, puis un sample bien connu (en l’occurrence « Dove » par Cymande, déjà présent sur le classique « The Score » des Fugees par exemple) pour un boom bap hypnotique et tendu, et termine par une production plus moderne et éthérée.

Les différences facettes du rappeur sont donc toutes représentées ici, lui qui est capable d’adopter un flow chantonné, sur le très bon album « I’m Uugly » (2016), pouvant faire penser à la nonchalance enjôleuse de Prince (s’il était né avec la génération hip hop) :

ou bien encore d’utiliser des beats proches de l’euro-dance, pour un résultat sautillant et plein de fraîcheur :

mais aussi de poser sur des productions plus « mécaniques » dans un surprenant album commun avec les rockeurs de The Kickdrums, sorti en 2015 :

L’aisance assez folle avec laquelle il passe d’un style à l’autre prouve que Duckwrth est avant tout un excellent MC. De plus, sa progression d’un rap assez convenu sur ses premières mixtapes à des sons de plus en plus pointus, ainsi qu’une certaine profondeur dans les thèmes choisis (abordant des sujets légers et intimes aussi bien que des considérations sociales bien affirmées) laissent penser que Duckwrth n’a pas fini de nous de nous abreuver en musique de qualité, et c’est tant mieux!

DUCKWRTH.com

Ab Soul – Huey Knew [2016]


Ab Soul – Huey Knew [2016]…après 3 albums au contenu très inégal, le MC californien semble décidé à suivre le même chemin d’une musique plus personnelle et affirmée que son collègue de label, Schoolboy Q, dont les deux derniers projets sont des réussites. Finies les productions insipides et un éparpillement stylistique déroutant pour l’auditeur, Ab Soul nous livre avec « Do What Thou Wilt » un disque cohérent plein de compositions poisseuses et envoutantes . Ainsi, à l’image d’un Earl Sweatshirt, le MC a choisi de prendre ses fans à contre-pied en radicalisant son art. Tout à fait conscient de la qualité de sa formule, il étale avec une assurance folle la versatilité de son flow sur des beats ambitieux (parfois à la limite du pompeux dans la 2e partie de l’album) et hypnotiques, rappelant un peu les lugubres productions du gangster MC Ren ou de la Three Six Mafia…une excellente surprise!

YNL – Detroit’s Finest [2014]


YNL – Detroit’s Finest [2014]…Sonny & Nailz sont deux jeunes rappeurs parfaitement inscrits dans leur époque qui ont compris l’importance d’occuper le terrain numérique afin de se faire une place dans la jungle hip hop. Ainsi ils inondent les auditeurs de mixtapes au contenu plus ou moins abouti, montrant ainsi leur progression vers des productions plus personnelles…avec cet album commun sous le nom de YNL, le duo mélange de nombreuses influences et entraîne l’auditeur dans un tourbillon musical assez jouissif. Piochant aussi bien dans le funk tardif (The Gap Band avec « Outstanding ») ou le rap old school et dépouillé de Slick Rick (« Sonny’s Story ») que dans la house music trépidante et pointue de leur ville natale de Detroit, l’album (produit en partie par leurs soins) se rapproche de la booty bass de Miami pour son côté débridé et festif ainsi que des productions de la scène contemporaine (l’influence trap n’est jamais bien loin) tout en gardant un feeling très 80’s fort agréable. Le résultat est assez surprenant grâce a cette alliance d’exigence musicale très référencée et de fraîcheur juvénile fort bien maîtrisée…un disque à écouter donc, au moins par curiosité…

https://sonny313.bandcamp.com/album/ynl

Killason – Shine [2016]


Killason – Shine [2016]…ce jeune français rappant en langue anglaise pourrait être un croisement entre Pharrell, pour la versatilité des talents (il s’occupe aussi bien de chorégraphie, de design que de production musicale), et Danny Brown, pour le flow halluciné et les beats passant d’un univers dancefloor (cf. ce « Shine » au beat étrange et sautillant) à des ambiances plus sombres (« The Rize », « Black Crook ») flirtant parfois avec le Dubstep (« Hoddest in my Town »). Killason est en soi un petit évènement dans la très conservatrice scène rap hexagonale puisque la réussite artistique de son premier mini-album prouve que, même en France, les chapelles musicales peuvent être réunies avec talent sans pour autant tomber dans la mélasse formatée…

 

Children Of The Night – ILYAS [2012]


Children Of The Night – ILYAS [2012]…dans l’album « Queens…Revisited » le trio composé des MC’s Remy Banks, Nasty Nigel et Lansky Jones rend hommage à ce quartier new-yorkais qui a donné au hip hop certaines de ses oeuvres les plus appréciées, tout en se plaçant à la pointe de ce qui se fait de mieux ces dernières années dans la capitale US…à l’image de Joey Bada$$ et son crew, le disque propose des rythmiques appuyées très 90’s accompagnées d’arrangements planants rappelant le travail d’un J-Dilla…pourtant pas de compositions frisant l’ennui ici puisque le groupe est également influencé par les productions plus échevelées des  Flatbush Zombies (d’ailleurs présents en featuring sur l’album, de même que Roc Marciano)…ainsi dans le morceau présenté ici (produit par SKYWLKR, l’un des beatmakers de Danny Brown), c’est l’ambiance poisseuse des dancefloors de la Grosse Pomme qu’ils tentent de transcrire avec ce son hypnotique des plus modernes et cette vidéo partagée entre brumes alcoolisées et délires de fêtards…

https://childrenofthenight.bandcamp.com/album/queens-revisited

Vince Staples – Señorita [2015]


Vince Staples – Señorita [2015]…après plusieurs mixtapes remarquées et de nombreuses collaborations avec Mac Miller ou les membres du crew Odd Future, le californien Vince Staples propose un premier album où les influences de ces « mentors » se font clairement sentir…ainsi il allie les sons dub sous acide du premier aux productions décharnées chères aux deuxièmes…mais contrairement à ces derniers, sa maitrise d’un flow à la fois lymphatique et sautillant sur des rythmes à la saveur trap distillée au compte-goutte, abordables et rigoureusement produits, le place dans une modernité musicale qui ne perd pas ses repères rapologiques…

http://www.vincestaples.com/

PrezSport – Droptops [2013]


PrezSport – Droptops [2013]…dans un premier album (« Urban $treet Americana ») rappelant parfois les productions du label Stones Throw, le beatmaker Transport J offre à son compère El Prez des rythmes sereins et ensoleillés dont les Californiens ont le secret, pour qu’il puisse y poser son flow nasillard et transporter l’auditeur dans la moiteur de la cité des anges…ici le duo rend hommage à l’un des titres les plus marquants du gangsta rap en triturant l’instru de « It Was A Good Day » d’Ice Cube pour en proposer une interprétation contemporaine…

https://prezsport.bandcamp.com/

Warm Brew – Wanna Get High [2013]


Warm Brew – Wanna Get High [2013]…après quelques albums/mixtapes de qualité assez inégale, ce trio californien propose un long format (« The Ride ») aux influences mieux maîtrisées…passant d’un « dirty south » soyeux à la Curren$y à une ambiance cotonneuse influencée par  Slum Village ou à un boom bap relax proche des Visionaries, le groupe, malgré ce fourre-tout rapologique, réussit, par ses thèmes à l’hédonisme prononcé, à rendre son album cohérent et à transporter l’auditeur ravi dans un décor ensoleillé peuplé de nymphettes court vêtues et baigné d’effluves enfumées…

http://warmbrew.bandcamp.com/album/the-ride

 

Azizi Gibson – Gold On Black [2013]


Azizi Gibson – Gold On Black [2013]…après avoir parcouru une bonne partie du globe (Allemagne, Thailande…), ce rappeur versatile pose ses valises à Los Angeles pour intégrer le label Brainfeeder et profiter du savoir-faire de son patron, Flying Lotus…l’influence de celui-ci se fait légèrement sentir sur ce premier album (« Ghost In The Shell ») notamment à travers un registre musical étrange et planant fortement contrebalancé par le flow souvent saccadé du MC et des rythmes contemporains discrets…sur ce titre Azizi Gibson adopte un style tout à fait classique pour coller au plus près de cette instru mélancolique qui jure avec le reste du disque, preuve de sa faculté d’adaptation rapologique…

http://www.azizigibson.com/