Archives du mot-clé NYC Rap

David Begun – Nasimoto [2017]


David Begun – Nasimoto [2017]…depuis une dizaine d’années des projets atypiques et souvent couronnés de succès, basés sur la technique du mashup (mélange entre des arrangements et des lyrics d’artistes venant souvent d’horizons différents), ont vu le jour…citons par exemple les combinaisons entre les Beatles et Jay-z (The Grey Album par Danger Mouse) puis avec les Beasties Boys (The Beastles par DJ BC) ou bien entre le crooner Frank Sinatra et Notorious BIG, pour des résultats sinon réussis, du moins surprenants…à l’image des ces projets, le producteur américain David Begun réalise un fantasme de b-boys en unissant deux des figures les plus révérées du rap game : Nas et Madlib. Pour beaucoup qui ne s’intéressent plus à Nas depuis son second album à cause de prods souvent faiblardes, ce mix entre les beats étranges de Madlib pour son alter-ego Quasimoto et le phrasé précis de Nas, agencés si parfaitement ici que l’on croirait à un album original réalisé par les artistes eux-mêmes, est un régal pour les oreilles, enfin des beats qui rendent justice au talent du MC!

(pour faire durer le plaisir, allez jeter aussi une oreille au mix inattendu entre le volubile Eminem et les prods délicates de Pete Rock, ici)

Jazzy Hip Hop Mix 1

Jazzy Hip Hop mix : Comme son nom l’indique ce mix de 10 titres, principalement composés dans les années 90, fait la part belle aux arrangements jazzy…ainsi, les artistes choisis, tous issus de la côte est des USA, adoptent un ton langoureux à base de claviers délicats, contrebasses profondes et cuivres entêtants qui raviront les amateurs exigeants de mélodies finement ouvragées…

Ruste Juxx – Universal Sean [2016]


Ruste Juxx – Universal Sean [2016]…deuxième projet collaboratif entre le MC de Brooklyn et l’excellent beatmaker français Kyo Itachi, l’album « Meteorite » propose une douzaine de morceaux où l’influence du rap des 90’s se fait fortement sentir…après un premier essai un brin monolithique (« Hardbodie Hip Hop » sorti en 2012), ce disque semble compiler toutes les tendances de cette époque pour en proposer une interprétation contemporaine…ainsi les titres oscillent entre des productions austères à la DJ Premier (« Water on Mars » avec sa mélodie rappelant les samples de Bob James utilisés par Primo ou ce « Cosmic Dust » et son carillon entêtant) et des compostions plus fouillées proches d’un certain rap indé du milieu des 90’s (« Constellation », « Astronaut »)…pour compléter cet ensemble aux rythmiques qui claquent, Kyo Itachi offre au flow acéré de son compère des prods plus classiques et mélancoliques comme dans ce titre hommage au regretté Sean Price, une des figures emblématiques du Brooklyn Hip Hop…encore un coup de maître pour Kyo Itachi et son label Shinigamie Records!

https://shinigamierecords.bandcamp.com/album/meteorite

Children Of The Night – ILYAS [2012]


Children Of The Night – ILYAS [2012]…dans l’album « Queens…Revisited » le trio composé des MC’s Remy Banks, Nasty Nigel et Lansky Jones rend hommage à ce quartier new-yorkais qui a donné au hip hop certaines de ses oeuvres les plus appréciées, tout en se plaçant à la pointe de ce qui se fait de mieux ces dernières années dans la capitale US…à l’image de Joey Bada$$ et son crew, le disque propose des rythmiques appuyées très 90’s accompagnées d’arrangements planants rappelant le travail d’un J-Dilla…pourtant pas de compositions frisant l’ennui ici puisque le groupe est également influencé par les productions plus échevelées des  Flatbush Zombies (d’ailleurs présents en featuring sur l’album, de même que Roc Marciano)…ainsi dans le morceau présenté ici (produit par SKYWLKR, l’un des beatmakers de Danny Brown), c’est l’ambiance poisseuse des dancefloors de la Grosse Pomme qu’ils tentent de transcrire avec ce son hypnotique des plus modernes et cette vidéo partagée entre brumes alcoolisées et délires de fêtards…

https://childrenofthenight.bandcamp.com/album/queens-revisited

Del & Tame One – Flashback [2009]

Del & Tame One – Flashback [2009]…au premier abord la combinaison entre Del, issu de la créative scène d’Oakland, Californie, et Tame One, ardent défenseur d’un hip hop rigoureux après des années de pratique du graffiti dans les ruelles crasseuses de son New Jersey natal, pouvait sembler improbable…en y regardant de plus près, ils partagent pourtant des parcours similaires (« Parallel Uni-verses » affirme le titre du disque) puisque leurs débuts (respectivement avec le collectif Hieroglyphics et le groupe Artifacts) sont marqués par leurs illustres cousins, Ice Cube pour l’un et Redman pour l’autre…cette parenté leur a certes ouvert quelques portes au début des 90’s mais devint rapidement encombrante, car trop souvent soulignée par les médias, pour des artistes qui chercheront ensuite à s’en détacher quitte à s’enfermer parfois dans des expérimentations peu convaincantes…cette relative intransigeance, et malgré des sorties plutôt inégales, leur conserve toutefois une cote importante auprès de cette frange de la communauté hip hop attentive aux démarches sincères…après des années à se croiser dans les différents événements hip hop à travers le monde (à l’image de cette vidéo tournée dans un festival à Brooklyn), les deux MC’s décident de travailler sur un album commun et en confient la conception sonore au beatmaker Parallel Thought…celui-ci leur concocte des instrus à la mesure des ces deux talents des rimes à la fois surréalistes et lucides en empilant violons soul (« Keep It Up », « We Taking Over »), guitares hypnotiques (« The Franchise », « Specifics »), sonorités proches du trip hop anglais (« Gaining Ground ») ou arrangements à base de samples funk jazz plus traditionnels (« Teddy », « Special ») et de basses profondes (« Before This » ou ce « Flashback » à la rythmique old school)…dans un album concis à l’ambiance désenchantée (notamment à cause d’un hip hop qui serait perverti par la recherche constante du succès) rappelant les productions Def Jux, symbolisée par l’excellent « Life Sucks » et son clavier lancinant, les beats proposent une certaine emphase agencée avec suffisamment de finesse pour ne pas paraître pompeuse…ce travail de production particulièrement réussi permet à l’alchimie entre les deux MC’s d’opérer de façon magistrale et fait de ce « Parallel Uni-Verses » un album qui pourrait aisément être rangé dans la catégorie des classiques tardifs et méconnus de la musique rap…

http://parallelthought1.bandcamp.com/album/parallel-uni-verses

Lil’ Fame & Termanology – Hustler’s Ringtone [2012]


Lil’ Fame & Termanology – Hustler’s Ringtone (ft. Bun B) [2012]…Lil’ Fame, éminent représentant de Brooklyn, NYC, s’échappe, le temps d’un album, de son groupe MOP et élargit son horizon musical…il se retrouve ainsi à partager le micro avec Termanology, MC au flow plus posé que son habituel compère Billy Danze (que l’on retrouve quand même sur un morceau) et ici avec le gangster texan Bun B (du groupe UGK)…en grande partie produit par ses soins (sous le pseudonyme de Fizzy Womack), l’album « Fizzyology » prend une teinte plus fine et moins braillarde que ses précédents opus en duo, probablement influencé par la présence aux manettes de Statik Selektah, Alchemist ou le partenaire de longue date, DJ Premier…autant de beau monde prouve que l’on a affaire à un old timer toujours à la pointe comme le démontre ce beat heurté aux intonations soul, marque de fabrique d’un certain classicisme hip hop remis au goût du jour…

Old Timers Rap Videos


OLD TIMERS RAP VIDEOS
Parce qu’il est parfois difficile de trouver les videos officielles de nos groupes favoris (surtout quand ils officient depuis longtemps) dans la jungle des internets, voici une compilation de TOUS les clips (comme on disait jadis), ou presque, réalisés par certains des groupes les plus reconnus de la communauté hip hop…
Et pour démarrer cette nouvelle série de posts, honneur aux aînés dans une sélection où le Def Jam old school, et la côte Est en général, tiennent une part non négligeable…

Big Shug – Off Rip [2015]


Big Shug – Off Rip (ft. Termanology & Singapore Kane) [2015]…nouvelle sortie pour le old timer new yorkais ancien membre de la Ganstarr Foundation…et comme à son habitude il livre un album (« Triple OGzus ») assez inégal, fait de titres rendant justice à sa voix puissante (concoctés pour la plupart par DJ Premier) mais rempli aussi de morceaux plus soul où Shug s’essaye (sans vraiment convaincre) au chant…pourtant la qualité des instrus, de ce « Off Rip » menaçant par exemple, laisse encore transpirer la noirceur du rap des 90’s et permet à l’auditeur intransigeant de trouver son bonheur…ainsi, accompagné de l’hystérique Termanology (un autre protégé de Preemo) et de Singapore Kane, son habituel acolyte au flow relax, Shug envoie l’un des meilleurs titres de ce début 2015 fracasser les tympans des B-boys…

http://www.djpremierblog.com/2015/big-shug-triple-ogzus/

Mix Wu-Tang Clan 1


Mix spécial Wu-Tang : Afin de rendre hommage à l’un des groupes les plus marquants de l’histoire du rap, voici un mix de 11 titres tirés des nombreux classiques sortis par RZA et sa bande au milieu des années 90…tous les ingrédients chers aux rues de Shaolin y sont réunis : samples soul torturés, instrumentations bancales et flows de barbares dans un ensemble taillé pour faire hocher les têtes…

Killarmy – Silent Weapons for Quiet Wars [1997]

TRACKLIST : (produit par 4th Disciple, * produit par RZA)

1- Dress to kill
2- Clash of the Titans (ft. Streetlife)
3- Burning season
4- Blood for blood
5- Seems it never fails
6- Universal soldiers
7- Love, Hell or right
8- Wake up (ft. Hell Razah & Prodigal Sunn)*
9- Fair, love & war
10- Wu-renegades
11- Full Moon
12- Under siege
13- Shelter
14- Camouflage ninjas
15- Swinging swords
16- War face*
17- 5 stars (ft. Masta Killa)

 

Dans le sillage de la comète Wu-Tang, une multitude de groupes se revendique alors, avec plus ou moins d’à-propos et de soutien de la maison mère, de cet «empire» mis en place après le succès des deux premiers albums du groupe. Des artistes comme Cappadonna (intégré ensuite au Wu-Tang originel), Killah Priest ou Sunz of Man sortirent des projets où le logo du crew figurait en bonne place mais dans lesquels la qualité musicale n’égalait en rien ce que pouvait produire la bande à RZA. Et c’est bien l’absence du maître à penser de la nébuleuse Wu-Tang, et de son savoir-faire de beatmaker, qui semblait faire défaut à ces disciples. Pourtant un groupe fut en mesure d’atteindre, tout du moins le temps d’un album, le niveau d’excellence de ses illustres aînés. Continuer la lecture de Killarmy – Silent Weapons for Quiet Wars [1997]