Archives du mot-clé 90’s

Hit Squad videos

Hit Squad videos : le duo EPMD (Erick Sermon & Parrish Smith Making Dollars), éminent représentant du rap de Long Island, est l’un des grands artisans du renouveau rap à la fin des années 80. Avec ce son si particulier, fait d’un funk gras et décharné construit autour de nombreux samples rappelant le travail du Bomb Squad avec Public Enemy et portant des flows monolithiques proches de la technique vocale que Rakim popularise quelques temps auparavant, l’influence de leurs deux premiers albums est énorme.
A partir de 1990, l’entreprise tend à se développer et le groupe introduit de nouveaux MC’s dans ses projets, à commencer par le tout jeune Redman, présent sur deux titres de « Business as Usual » [90], mais produit aussi le rappeur K-Solo, dont le flow tout en agressivité fait merveille aussi bien dans l’ego-trip que dans les propos plus conscients.
Petit à petit le crew s’étoffe avec l’arrivée du groupe Das Efx, découvert dans un concours étudiant pour les apprentis rappeurs, qui dynamite le rap de l’époque avec leurs flows sautillants et leurs productions funky (les seules du crew à ne pas être assurées par EPMD mais par Solid Scheme).
En 1993, suite à des différends financiers, la séparation temporaire d’EPMD disloque le posse. Ainsi Das Efx et, dans une moindre mesure K-Solo, suivent Parrish Smith tandis que Sermon embarque Redman, bientôt rejoint par l’instable Keith Murray, pour former le Def Squad.
Chacun multiplie alors les projets solos (avec un succès tout relatif pour Parrish) et les productions pour d’autres rappeurs, avant qu’une reformation ne voie le jour en 1997 avec le très honorable « Back in Business » qui montre que les membres du crew aurait pu être encore plus influents si leurs mentors avaient réussi à mettre de côté leur obsession pour le business  (enfin surtout celle de Parrish semblerait-il).
La mayonnaise ne prendra pas une deuxième fois et le posse tombe dans l’oubli. Das Efx, après un excellent premier album, perd peu à peu ce qui faisait son originalité pour pratiquer un rap plus classique et moins intéressant. K-Solo, malgré des qualités rapologiques évidentes ne fait plus que de rares apparitions sur les albums de Redman et Parrish (PMD), distrait par des ennuis judiciaires et des embrouilles avec le reste du crew, Keith Murray notamment. Celui-ci sera d’ailleurs régulièrement au centre de conflits avec le reste de ses camarades et plombera totalement sa carrière suite à des séjours pénitentiaires répétés. Erick Sermon gardera son aura de producteur surdoué jusqu’à la fin des années 90, avant de lui aussi décliner, pour proposer des beats souvent fatigués, bien loin des standards d’exigence de ses précédentes productions.
Malgré la fin peu glorieuse du posse, il ne faut pas oublier que pendant une dizaine d’années, le Hit Squad aura offert au public des albums d’une qualité au-dessus du lot qui paraissent toujours aussi frais aujourd’hui, et auxquels cette playlist de videos (la plus exhaustive possible) produites entre 1988 et 1997, tente de rendre hommage…

ALBUMS A ECOUTER : EPMD – Strictly Business [88], Business Never Personnal [92]/DAS EFX – Dead Serious [92]/REDMAN – Whut? Thee Album [92]/KEITH MURRAY – Enigma [96]

 

Winter Rap Mix

Winter Rap Mixquel moment plus opportun que le cœur de l’hiver pour se plonger dans le glacial rap new-yorkais de la deuxième moitié des 90’s? C’est suite à cette interrogation des plus pertinentes que cette sélection de 10 titres a été concoctée, avec le souci de rassembler des MC’s aux qualités vocales indéniables sur des instrumentaux évoquant les rues pluvieuses de la Grosse Pomme (surtout du Queens, quartier sur-représenté dans ce mix). Ainsi, Prodigy, Nas, Raekwon, Big L, Kool G Rap, Pharoahe Monch, Onyx ou Sean Price  posent leurs couplets 24 carats sur des harmonies de pianos décharnés et de violons lugubres, faisant de cette période de grand froid un prétexte tout trouvé pour écouter du bon son…

TRACKLIST :
1 – Mobb Deep – Eye for an eye (ft. Nas & Raekwon) (prod. Mobb Deep) [1995]
2 – Big L – Lifestylez ov da poor & dangerous (prod. Lord Finesse) [1995]
3 – Kool G Rap – 4, 5, 6 (prod. Dr Butcher) [1995]
4 – GP Wu – Black on black crime (prod. RNS) [1997]
5 – Pharoahe Monch – Behind closed doors (prod. Pharoahe Monch) [1999]
6 – Arsonists – Shit ain’t sweet (prod. Freestyle) [1999]
7 – Capone-N-Noreaga – Stick you (ft. Tragedy) (prod. Naughty Shorts) [1997]
8 – Killarmy – Full Moon (prod. 4th Disciple) [1997]
9 – Onyx – All we got iz us (evil streets) (ft. PI) (prod. Fredro Starr) [1996]
10 – Heltah Skeltah – The square (Triple R) (ft. Representativz) (prod. Supreme) [1996]

G-Funk Rap Mix 1


Mix G-Funk 1 : grandes envolées de synthés suraigus, basses rondes et chœurs langoureux, lyrics évoquant aussi bien les rigueurs de la vie du ghetto que les substances illicites et le sexe débridé…cette sélection de 10 titres à l’ambiance poisseuse contient tout ce qui fait la saveur du G-Funk californien des 90’s et accompagnera idéalement vos soirées estivales les plus torrides ou transformera la moindre excursion en virée dans les rues étouffantes de Los Angeles, comme si vous y étiez!

  1. Thug Life – Str8 Ballin (prod. Easy Mo Bee) [1994]
  2. Ice Cube – It was a good day (prod. DJ Pooh) [1992]
  3. Dr. Dre – Bitch niggaz (ft. Snoop/Hittman & Six Two) (prod. Dr Dre/Mel-Man) [1999]
  4. Conscious Daughters – We roll deep (prod. Paris) [1993]
  5. Boo Yaa Tribe – Doomsday (prod. Will Roc/Boo Yaa Tribe) [1994]
  6. Luniz – Playa hata (ft. Teddy) (prod. E-A-Ski) [1995]
  7. Eazy-E – Real muthaphukkin G’s (ft. BG Knocc Out & Dresta) (prod. Rhythm D) [1993]
  8. Above The Law – Black Superman (prod. Cold 187Um) [1994]
  9. Kurupt – The life (ft. El Drex) (prod. D-Moet) [1998]
  10. Tha Dogg Pound – Some bomb ass pussy (ft. Snoop) (prod. Daz) [1995]

 

 

Mix spécial IAM

Mix spécial IAM : Ce mix regroupe des morceaux sortis pendant la période la plus prolifique et probablement la plus réussie (1991-2001) du collectif marseillais. Il réunit aussi bien des titres classiques du groupe (l’incontournable « Demain c’est loin », placé en fin de mix pour ne pas décourager ceux qui n’en peuvent plus de l’entendre) que des productions moins connues (« Où sont les roses? », absent des volumes uniques de l’album « Ombre est lumière » par exemple) ainsi que certaines productions issues des albums solos des deux principaux lyricistes du groupe.

  1. IAM – Un bon son brut pour les truands (prod. AKH/Prince Charles) [1997]
  2. Akhenaton – Un brin de haine (prod. AKH/Sansano) [1995]
  3. Shurik’n – Les miens (prod. Shurik’n/Kheops) [1998]
  4. IAM – L’Enfer (ft. East & Fabe) (prod. Kheops/Sansano/Wood) [1997]
  5. Akhenaton – Quand ça se disperse (prod. AKH) [2001]
  6. Shurik’n – Où je vis (prod. Shurik’n/Kheops) [1998]
  7. IAM – C’est donc ça nos vies? (prod. White & Spirit) [1997]
  8. IAM – Où sont les roses? (prod. IAM/Sansano/Wood) [1993]
  9. IAM – Planète Mars (prod. Kheops/Imhotep/Sodi) [1991]
  10. IAM– Demain, c’est loin (prod. Shurik’n/Prince Charles) [1997]

 

 

Junior Rap Videos


Junior Rap Videos…grâce au succès commercial du genre à la fin des 80’s, la production rap explose outre-Atlantique dans la première moitié de la décennie. Afin d’avoir une exposition plus importante au milieu de cette jungle rapologique, ou le meilleur côtoie parfois le médiocre, les labels et maisons de disques tentent par tous les moyens de se distinguer en proposant des sorties qui toucheront un public le plus vaste possible. Ainsi, et en partie pour rendre le rap moins sulfureux et accessible à toute une jeunesse contrainte par la censure (le fameux sticker « Parental Advisory » interdisant la vente aux mineurs des disques qui le portaient), une vague d’adolescents rappeurs déferle sur le monde du hip hop, avec plus ou moins de talent et de réussite.
Pour mieux appréhender ce phénomène, il nous faut distinguer plusieurs caractéristiques de ces groupes et ne pas confondre véritable démarche artistique et simple coup marketing orchestré par des producteurs aux dents longues…
Dans la playlist proposée ici, il ne faut donc pas confondre des groupes comme Da Youngsta’s, bien implantés dans la culture hip hop (Lawrence « LG » Goodman, producteur reconnu de la scène de Philadelphie est le père de deux membres du trio), auteurs de leurs propres lyrics et de certains beats (aidés en cela par la crème des producteurs, The Beatnuts, Marley Marl ou Pete Rock en tête, sur leur excellent deuxième album « The Aftermath ») et le duo Kris Kross qui mise plutôt sur des productions « pop » et un marketing très étudié (les fringues XXL portées à l’envers dans leurs clips feront des ravages dans les cours d’école de l’époque) et qui remportera un succès planétaire grâce au talent aussi bien musical que commercial de Jermaine Dupri.
De même, impossible de mettre dans le même sac, un groupe comme Quo, duo multi-racial au look très étudié qui, malgré la présence d’Erick Sermon, Redman, DJ Battlecat ou Teddy Riley à la prod, n’ont proposé qu’un seul album où la volonté de truster les premières places des charts avec des morceaux passe-partout était évidente, et Illegal, duo de jeunes MC’s dont les flows tranchants mettaient à l’amende pas mal de leurs aînés (cf. le featuring de Lil’ Malik avec Warren G sur le premier album de celui-ci où le californien se fait sans conteste voler la vedette) sur des productions hardcores distillées notamment par le DITC.
D’autres peuvent également être classés dans cette catégorie des MC’s en herbe à l’assurance microphonique déconcertante. Certains crews phares de la scène hip hop des 90’s ne s’y sont d’ailleurs pas trompé puisqu’ils ont intégré certains de ces rookies à leur écurie. Ainsi Shyheim, Chi Ali ou encore The Whooliganz (duo dans lequel le génial beatmaker Alchemist s’essaye alors pour la première fois à la scansion rappée) seront parrainés par des beatmakers de talent et seront associés à leur posse, respectivement le Wu-Tang Clan, les Native Tongues et les Soul Assassins, conjuguant alors coup marketing  et réussite musicale.
Répondant au célèbre adage « la valeur n’attend pas le nombre des années », l’émergence de tous ces groupes montre la vitalité de cette scène rap des 90’s qui n’hésite pas à lancer dans le grand bain (avec une volonté commerciale plus ou moins assumée) des MC’s au potentiel énorme malgré leur inexpérience. Pourtant, on constate que ces « parachutages » n’ont pas eu de réelle pérennité puisque la plupart de ces artistes n’ont que rarement réussi une carrière florissante, broyés par une industrie de l’entertainment qui les considérait souvent comme des produits. Seuls les Da Youngsta’s proposeront plusieurs albums de qualité alors que le gâchis des carrières de Illegal ou Chi Ali (qui disparaîtront de la circulation assez rapidement malgré une maîtrise rapologique assez folle pour leur jeune âge) et la descente aux enfers d’un Shyheim qui perdit la fraîcheur de son premier album aussi vite qu’il vieillissait, désolent encore les b-boys les plus assidus…et pendant ce temps-là, en France, le public avait la joie de subir les jérémiades d’un Jordy…le décalage qualitatif entre musique pop US et « variété » européenne ne semble pas avoir tellement bougé depuis…

Jazzy Hip Hop Mix 1

Jazzy Hip Hop mix : Comme son nom l’indique ce mix de 10 titres, principalement composés dans les années 90, fait la part belle aux arrangements jazzy…ainsi, les artistes choisis, tous issus de la côte est des USA, adoptent un ton langoureux à base de claviers délicats, contrebasses profondes et cuivres entêtants qui raviront les amateurs exigeants de mélodies finement ouvragées…

  1. Scientifik – Lawtown (prod. Edo. G) [1994]
  2. J. Rawls – Superhero (ft. Mass Influence) (prod. J. Rawls) [2001]
  3. Royal Flush – Makin’ moves (ft. Mic Geronimo) (prod. Buckwild) [1997]
  4. Sadat X – Sauce For Birdheads (prod. DJ Ogee) [1996]
  5. Black Thought – Respiration (ft. Talib Kweli & Mos Def) (prod. Pete Rock) [2001]
  6. Redman – Tonight’s da night (prod. Erick Sermon) [1992]
  7. Jeru The Damaja – Tha Frustrated Nigga (prod. DJ Premier) [1996]
  8. Edo. G & Da Bulldogs –  I’m laughin (prod. Rythm Nigga Joe) [1993]
  9. DITC – Day one (prod. Diamond D) [2000]
  10. King Geedorah – Next levels (ft. Lil’ Sci/ID 4 Winds & Stahhr) (prod. MF Doom) [2000]

 

 

Old Timers Rap Videos


OLD TIMERS RAP VIDEOS
Parce qu’il est parfois difficile de trouver les videos officielles de nos groupes favoris (surtout quand ils officient depuis longtemps) dans la jungle des internets, voici une compilation de TOUS les clips (comme on disait jadis), ou presque, réalisés par certains des groupes les plus reconnus de la communauté hip hop…
Et pour démarrer cette nouvelle série de posts, honneur aux aînés dans une sélection où le Def Jam old school, et la côte Est en général, tiennent une part non négligeable…

The Goats – Tricks of the Shade [1993]

TRACKLIST : ( produit par Joe « The Butcher » Nicolo & Oatie Kato)

1 – We got freaks (intro)
2 – Typical American
3 – Hangerhead is born (skit)
4 – Watcha got is watcha gettin’
5 – Columbus boat ride (skit)
6 – R U down wit da goats
7 – Cumin’ in your ear
8 – Noriega’s coke stand (skit)
9 – Got kinda hi
10 – Unodostresquattro
11 – Georgie Bush kids (skit)
12 – Wrong pot 2 piss in
13 – Hip-hopola
14 – Leonard Peltier in a cage (skit)
15 – Do the digs dug?
16 – Carnival cops (skit)
17 – TV cops
18 – Tatooed lady (skit)
19 – Tricks of the shade
20 – Not not bad
21 – Rovie Wade, the sword swallower (skit)
22 – Aaah d yaaa
23 – Drive-by bumper cars (skit)
24 – Burn the flag
25 – Uncle Scam’s shooting gallery (skit)

Il fut un temps où le rap intelligent n’était pas ennuyeux à force de didactisme lénifiant. Les groupes politisés du début des 90’s ne se prenaient pas encore pour des prophètes et leur ambition n’était pas de devenir les nouveaux Isaac Hayes, comme dans ce rap qui fleurira à l’orée du 21e siècle. Ils savaient user de légèreté et d’humour afin de mieux faire passer leur message et ne pas lasser un auditoire à la capacité d’attention parfois limitée. The Goats fait partie de cette catégorie aujourd’hui presque disparue mais n’a pas eu la reconnaissance que son premier album aurait méritée. Car, tandis que de nos jours être un rappeur «conscient» se limite souvent à n’être pas aussi matérialiste que le rap mainstream, les Goats ont réalisé avec ce «Tricks of the Shade» un des disques les plus aboutis du hip hop US. Continuer la lecture de The Goats – Tricks of the Shade [1993] 

Mix Wu-Tang Clan 1


Mix spécial Wu-Tang : Afin de rendre hommage à l’un des groupes les plus marquants de l’histoire du rap, voici un mix de 11 titres tous produits par RZA et tirés des nombreux classiques sortis par le crew au milieu des années 90…tous les ingrédients chers aux rues de Shaolin y sont réunis : samples soul torturés, instrumentations bancales et flows de barbares dans un ensemble taillé pour faire hocher les têtes…

  1. Wu-Tang Clan – C.R.E.A.M. [1993]
  2. Raekwon – Ice cream (ft. Ghostface/Method Man & Cappadonna) [1995]
  3. Wu-Tang Clan – Can it be all so simple [1993]
  4. GZA – Investigative reports (ft. Raekwon/Ghostface & U-God) [1995]
  5. Raekwon – Criminology ( (ft. Ghostface) [1995]
  6. Method Man – Meth vs. Chef (ft. Raekwon) [1994]
  7. Ol’ Dirty Bastard – Cuttin’ headz (ft. RZA) [1995]
  8. Raekwon – Wu-gambinos (ft. Ghostface/Method Man/RZA & Masta Killa) [1995]
  9. Raekwon – Guillotine (swordz) (ft. Ghostface/Inspectah Deck & GZA) [1995]
  10. Ol’ Dirty Bastard – Proteck ya neck 2 the zoo (ft. Sunz Of Man & Buddah Monk) [1995]
  11. Wu-Tang Clan – Protect ya neck [1993]